
En se fondant sur des caractères anatomiques et morphologiques, l’homme semble être un proche parent des singes.
Pb 1 : Comment peut-on différencier la lignée humaine de celle des singes ?
Pb 2 : Comment déterminer si un fossile appartient à la lignée humaine ?
L’homme possède un certain nombre de caractères dérivés qui le place successivement dans les groupes des Primates, puis dans le groupe des Hominoïdes, puis dans le groupe des Hominidés, et enfin dans le groupe des Homininés. La comparaison systématique des caryotypes permet de constater que de très nombreuses ressemblances confirment la parenté entre les hominidés. Les caryotypes les plus apparentés sont ceux qui différent par le nombre maximal d’événements modificateurs (délétion, fusion, insertion, inversion). Ces données attestent d’une distance plus grande au sein des Hominoïdes entre l’Homme et le groupe « Gibbon / Orang-outan » et d’une proximité plus grande entre l’Homme et le groupe « Gorille / Chimpanzé ». Par ailleurs, les données moléculaires suggèrent pour la plupart d’entre elles une importante proximité entre l’Homme et les Chimpanzés. Ils semblent que leurs génomes soient communs à 99%. Cette proximité s’explique par une séparation tardive des deux branches que l’on peut situer entre -10 et -3 MA. L’homme partage donc avec les chimpanzés et les gorilles un ancêtre commun relativement récent mais en aucun cas ce « chaînon manquant » ne correspond à un fossile puisque cet ancêtre commun reste virtuel.
On appelle lignée humaine toute l’histoire évolutive des Homininés à partir du plus récent ancêtre commun à l’Homme et au Chimpanzé.
L’homme se distingue réellement des grands singes par sa bipédie permanente. Celle-ci s’accompagne de modifications anatomiques au niveau du squelette à savoir un bassin raccourci et élargi dont les bords sont situés à l’horizontale favorisant ainsi la fixation des muscles qui maintiennent le tronc vertical et soutiennent les viscères (ensemble des organes de la cavité abdominale) lors de la position debout.
L’homme présente aussi un tibia avec une tête évasée qui supporte le poids du corps lors de la marche.
L’homme présente également un trou occipital en position avancée sous la calotte crânienne et une colonne vertébrale à plusieurs courbures.
Enfin, l’homme a un pied avec une voûte plantaire et un pouce aligné aux autres orteils.
La capacité crânienne est beaucoup plus élevée chez l’homme (1300 à 1400 cm3) que chez les singes (350 cm3). Elle accompagne un développement important du cerveau. On remarque aussi une réduction de la face (le prémaxillaire est vertical et l’angle faciale proche de 90° chez l’homme qui le différentie des singes chez lesquels l’angle faciale est environ de 45°)
On observe aussi des différences notoires au niveau de la mâchoire : l’arcade dentaire est en forme de « u » chez les singes et en forme parabolique « v » chez l’homme. Les molaires sont réduites ainsi que les canines alors qu’elles sont très développées chez les singes.
Les caractères morphologiques et anatomiques différents de l’homme des autres hominidés s’accompagnent d’un développement des industries liées au « galet taillé », maîtrise du feu et d’autres manifestations culturelles (rites funéraires, peintures rupestres et art). Celles-ci sont à mettre en rapport avec l’existence d’une pensée consciente et le développement du langage articulé.
Les états dérivés des principaux caractères anatomiques étant connus, on admet que tous les fossiles présentant au moins un des caractères dérivés de la lignée humaine appartient à la lignée humaine.
Cela permet de comprendre pourquoi un spécialiste peut ranger tels fossiles ou telles mâchoires dans la lignée humaine.
Les espèces fossiles actuellement trouvées et datant de -4 à -1 millions d’années sont toutes africaines. Cela peut s’expliquer soit par l’origine africaine de la lignée humaine soit par les conditions de fossilisation exceptionnelles de la vallée du Rift Africain. Plusieurs espèces d’homininés ont vécu entre -6 millions d’années et -100 milliers d’années, elles appartiennent à deux genres : le genre « Australopithèque » et le genre « Homo ».
Les australopithèques (sept espèces connues à ce jour) sont regroupés sous deux ensembles : « gracile » et « robuste ». Ils sont apparus en Afrique il y a plus de 4 millions d’années et ont cohabité pendant plus d’un million d’années avec les espèces du genre « Homo ». Ils possèdent des caractères dérivés en rapport avec la bipédie, mais garde la possibilité de grimper aux arbres. Leur capacité crânienne (faible) et le développement important de la face font que leurs caractères crâniens restent primitifs.
Les plus anciens individus du genre homo sont datés de -2.5 millions d’années. Ils sont petits, mais présentent des caractères dérivés crâniens arrondis, une face réduite, et une capacité crânienne pouvant atteindre 800 cm3. De plus, leurs fossiles sont associés à un outillage de galet aménagé et de silex très grossièrement taillés. Ces individus correspondent à l’espèce Homo Habilis dont les derniers fossiles connus sont datés de -1.6 millions d’années.
Il y a 1.8 millions d’années et jusqu’à - 120 mille ans certains fossiles que l’on retrouve en Afrique, au Proche-Orient, en Asie et Europe forment un groupe très diversifié mais possèdent des caractères dérivés tel qu’un accroissement de la taille… En revanche, ils conservent certains caractères primitifs comme un bourrelet sus orbital et un angle facial important. On regroupe tous ces fossiles sous le terme Homo Erectus. Ils sont associés à des outils taillés de plus en plus finement et les restes des foyers que l’on trouve à partir d’un million d’années attestent d’un début de sédentarisation.
En Europe de l’Est, il y a 80 mille ans, on retrouve un groupe d’individu du genre « homo » qui présentent des caractères particuliers assez primitifs (absence de pommette et prognathisme) mais leur taille est élevée et ils ont une capacité crânienne de 1500 cm3. On retrouve des restes de sépulture avec ces fossiles que l’on regroupe sous le nom de Homo Néanderthalensis Contemporains des Néanderthaliens, d’autres individus sont à l’origine des hommes de Cro-Magnon connus au proche orient des - 100 mille ans. On les regroupe sous les Homo sapiens avec des techniques perfectionnées des outils et des rites ainsi que de l’art. Leur origine commune semble être africaine ou venant du Proche-Orient.
Un arbre phylogénétique ne peut illustrer les processus évolutifs de la lignée humaine car l’évolution n’est pas graduelle. On parle d’évolution en mosaïque. La plupart des fossiles humains ne sont connus que par un crâne, un fragment de mandibule, quelques dents et dans le meilleur des cas quelques morceaux de squelette. De plus, tous les caractères n’évoluent pas à la même vitesse ni au même moment pour les différentes espèces qui coexistent. L’arbre phylogénétique des homininés n’est donc pas une branche simple mais un ensemble de rameaux correspondant à une radiation évolutive. L’homme moderne correspond à la seule branche existante de cet arbre et en aucun cas Lucy (Australopithèque) est nôtre ancêtre commun !
Malgré l’apparente diversité des êtres humains, l’interfécondité entre eux (métissage) est un argument qui rend compte de l’unicité de l’espèce humaine. Les populations humaines ne diffèrent que par la fréquence des allèles de leurs différents gènes, mais aucun allèle n’est caractéristique d’une population donnée. Ainsi l’un des scénarios proposés pour expliquer l’origine unique des populations actuelles de l’homme moderne serait qu’une même population ancestrale originaire d’Afrique ou du moyen orient se serait répandue à travers l’Afrique, l’Europe et l’Asie de façon relativement récente.